En marge de la conférence de Copenhague sur le climat, les écologistes parisiens veulent repenser la façon de gérer la capitale. Ils ont commandé au CNRS une étude intitulée «Conversion écologique à Paris». Ce rapport, que 20 Minutes s'est procuré, évalue l'impact qu'une orientation écologique des investissements pourrait avoir sur l'emploi. «Dans la tête des gens, les Verts n'ont pas l'habitude de parler d'économie. On leur prouve le contraire en montrant que l'emploi est au coeur de nos priorités», explique Hervé Morel, secrétaire départemental des Verts à Paris. D'après l'étude, en repensant le programme d'investissement de la Ville, qui sera abordé lors du prochain Conseil de Paris, entre 14.777 et 46.062 emplois pourraient être créés d'ici à 2020.
Des aberrations
Tout dépend des hypothèses et des choix que prendront les élus: objectif de réduction des gaz à effet de serre de 15 ou 40%, prix du baril qui oscillerait entre 40 et 120 euros, tout comme la part du financement public, entre 0 et 50%. «Il y a aujourd'hui des aberrations dans les choix de la Ville. Un exemple: Jean-Bouin, où l'on va dépenser 200 millions d'euros pour un stade, alors que cet argent suffirait à lui seul à faire de l'isolation thermique pour la moitié des bâtiments municipaux», souligne Hervé Morel.
Autre scandale: d'après les écologistes parisiens, la Ville emprunterait aujourd'hui à des taux beaucoup trop élevés: plus de 4% en moyenne. Même si Paris s'endette aujourd'hui «raisonnablement» par rapport à d'autres villes (27,5% du budget annuel en 2009), le coût de ses intérêts a augmenté de 174%. Pour les baisser, la solution d'un emprunt auprès des Parisiens est évoquée. La rémunération serait supérieure de 0,5% à celle du Livret A. D'après un sondage de l'Ifop, à paraître aujourd'hui, 48% des Parisiens seraient prêts à souscrire à cet emprunt, dont 33% entre 500 et 1.000 euros. «Une façon de donner du sens à son épargne», conclut Hervé Morel.