La cage d'escalier de cet immeuble HLM du 19e arrondissement est encore imprégnée de l'odeur de l'incendie de deux appartements en août. Une telle mésaventure devrait épargner Boubakar Bathily, locataire depuis dix ans d'une chambre de bonne au 7e étage, et qui accueillait la semaine dernière le technicien venu lui installer un détecteur autonome avertisseur de fumée (Daaf), qui le réveillera si un feu se déclare pendant la nuit. Une loi de 2005 rend obligatoire l'installation de ces appareils, mais son décret d'application tarde.
Le bailleur social de Boubakar, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP), qui gère 806 groupes d'immeubles, n'a pas attendu et expérimente depuis la mi-novembre l'installation de détecteurs dans ses 1 300 chambres de bonne et loges de concierge. Une centaine ont déjà été installés. « C'est très rassurant », confie Boubakar qui a accepté de se faire équiper et se voit dispenser des conseils sur l'utilisation du petit boîtier, ainsi qu'un certificat pour l'assurance. L'installation coûte environ 50 euros à la RIVP, qui en assume aussi l'entretien. « L'investissement est raisonnable par rapport aux conséquences dramatiques que peut avoir un incendie pour nos locataires », défend Serge Contat, directeur général de la RIVP.
En effet, selon un rapport de 2005 du député Damien Meslot (UMP), en France, les incendies domestiques sont responsables de 80 à 90 % des victimes du feu, soit 800 personnes chaque année. « Le nombre de victimes est divisé par deux dans les pays qui utilisent systématiquement les détecteurs », insiste Laurent Tosello, directeur technique à la RIVP. « Mais ils ne servent que si les locataires connaissent l'attitude à adopter lors d'un feu, précise-t-il. C'est un dispositif global de prévention et de travaux de sécurisation. » En octobre dernier, les bailleurs sociaux parisiens avaient lancé une campagne de sensibilisation sur les incendies domestiques, qui font 70 % de leurs victimes la nuit. W