L'audience d'hier, au Palais de Justice de Paris, a planté le décor d'un procès qui s'annonce houleux. Les onze sans-papiers accusés d'avoir mis le feu au centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes (Val-de-Marne), lors d'une révolte des retenus en juin 2008, seront jugés du 25 au 27 janvier prochains devant la 16e chambre correctionnelle de Paris, pour « destruction de biens par incendie » et « violences sur agents de la force publique ».
Mais dès à présent, la défense a dénoncé une instruction « à charge » devant le tribunal. Les avocats ont indiqué ne pas avoir eu accès aux enregistrements des caméras de surveillance, sur lesquelles sont fondées les accusations. « Ce sont les policiers qui ont fait l'instruction et non le juge, puisqu'ils ont sélectionné les photos tirées de ces bandes », tempête Me Irène Terrel, avocate d'un des retenus. « Nous vous demandons de vous déclarer non-saisie », a-t-elle lancé à la présidente. Elle juge la saisine « nulle », argumentant que le juge d'instruction a renvoyé l'affaire devant le tribunal correctionnel, alors qu'une demande d'éléments supplémentaires était examinée en appel. Le procureur a qualifié ces discussions de « politiques ». W
Anthony Nataf