Inspecter pour prévenir toute catastrophe

1 contribution
Publié le 2 décembre 2009.

ENVIRONNEMENT - «20 Minutes» a assisté à un contrôle de la raffinerie Total de Grandpuits...

Déjouer les risques pour éviter l'accident. La semaine dernière, 20 Minutes accompagnait deux agents de la direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) d'Ile-de-France, lors d'un contrôle de la raffinerie Total de Grandpuits (Seine-et-Marne). Un établissement particulièrement sensible, classé Seveso seuil haut dans l'échelle des risques industriels, et que ces ingénieurs visitent quatre à cinq fois par an.

Leur mission est de relever d'éventuels dysfonctionnements, d'émettre des recommandations et, le cas échéant, d'envisager des sanctions. Cette raffinerie, la seule d'Ile-de-France, produit tous types de carburants et de gaz et alimente tout le Sud francilien. «On a une obligation de résultat. Nous avons des systèmes internes d'audit et de contrôle. Nous confrontons nos expériences scientifiques avec les agents de la Drire, c'est un espace de dialogue», assure Jean-Marc Otero Del Val, le directeur de la raffinerie. Cette fois, Léonard Brudieu, chargé de mission risques à la Drire, veut tester les sphères dans lesquelles est stocké le gaz. «On aimerait réaliser un scénario d'accident. Une fuite de gaz, au niveau du stockage du GPL, pour vérifier si les détecteurs et le rideau d'eau se déclenchent et voir les réactions de ceux qui doivent intervenir. Après, on simulera l'inflammation du nuage de gaz», lance-t-il en guise d'introduction.

«Un grand déluge»
 

Les ingénieurs de Total encaissent, réfléchissent un instant à la faisabilité du test, puis donnent leur accord. Tous prennent la direction du site où se trouvent les sphères. Serge Artico, ingénieur de la Drire de Seine-et-Marne, restera en salle de contrôle pour observer les réactions des équipes. Sur le terrain, du gaz en bombonnes est lâché au niveau des détecteurs. Une sirène assourdissante ne tarde pas à se faire entendre. La zone est évacuée, des rideaux d'eau se mettent en marche pour contenir le gaz. Léonard Brudieu se demande pourquoi le rideau central reste inactif. «Vous pouvez le commander manuellement?», demande-t-il au chef des opérations, qui lui répond: «Vous le voulez?» «Moi je ne veux rien, je veux voir comment vous organisez la sécurité», lui rétorque l'ingénieur.

Les pompiers débarquent, demandent si la zone a été évacuée, revêtent leur équipement d'intervention. Vient la seconde phase de l'opération, la simulation d'inflammation du gaz, qui se fait sans utilisation de feu ni de chaleur. En réaction, un «grand déluge» s'abat sur les sphères, 10 litres d'eau par m2 et par minute. Un «petit déluge» entoure les sphères voisines. «C'est possible d'avoir un grand déluge sur toutes les sphères en même temps?», demande l'ingénieur de la Drire. «Non, ce n'est pas prévu», répond un pompier. L'exercice est terminé. L'après-midi se passera en salle, où Total tentera de répondre à l'avalanche de questions de la Drire. L'ingénieur risques industriels de l'entreprise fait de rapides calculs, donne des estimations et dégaine les documents nécessaires. Les inspecteurs n'ont plus qu'à rédiger leur rapport et à émettre leurs recommandations. Jusqu'au prochain contrôle.

A Grandpuits, Magali Gruet
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
Electromenager
199.99 €
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr