Des pratiques jugées « illégales ». Un collectif de sept associations a dénoncé hier les agissements des services préfectoraux vis-à-vis des demandeurs d'asile. Pendant un an, le collectif a accompagné des demandeurs aux guichets des préfectures franciliennes (sauf celle de Seine-et-Marne). « Le constat est accablant. Ils ne sont pas ou mal informés, l'accès à la procédure est très difficile et tout est fait pour les dissuader de demander leur protection à la France », regrette Jean-François Dubost, responsable du service réfugiés-migrants à Amnesty International. Entre le 12 et le 14 novembre dernier, le tribunal administratif de Versailles a d'ailleurs mis en cause à dix reprises la préfète des Yvelines, où seuls trois à quatre demandeurs d'asile sont reçus au guichet chaque jour. Une sorte de numerus clausus qui contraint les autres réfugiés à dormir dehors, et à retenter leur chance le lendemain. « J'ai mis deux mois pour obtenir mon autorisation de séjour. Du coup, le reste du temps, je me cachais, dans l'inquiétude de me faire arrêter en situation irrégulière par les policiers », témoigne Ferdinand, arrivé en mars dernier du Burundi.
Entre janvier et octobre, 4 491 demandes ont été enregistrées à la préfecture de police de Paris. Mais seules un tiers d'entre elles auraient abouti. « La préfecture ne fait pas son travail de protection des demandeurs d'asile. Son objectif est de débusquer les tricheurs. Mais c'est au détriment de tous ceux qui sont en règle et qui ont rapidement besoin de papiers », s'indigne Antoine Decourcelle, de la Cimade Ile-de-France. Contactées hier par 20 Minutes, ni la préfecture de police de Paris, ni la préfecture des Yvelines n'a voulu apporter de commentaire. W
William Molinié