« Le système économique de Vélib' n'était plus pérenne, on allait au clash. » L'adjointe au maire (PS) de Paris chargée des Transports, Annick Lepetit, ne mâche pas ses mots pour expliquer pourquoi le Conseil de Paris votera aujourd'hui un avenant au contrat qui lie la ville à JCDecaux, l'exploitant du Vélib'. Un contrat dans lequel, pour la première fois, la société percevra des intérêts financiers liés aux recettes d'exploitation.Jusqu'alors, le deal était simple : JCDecaux avait obtenu le marché du Vélib' en échange du marché des espaces publicitaires de la Ville. Un système de bonus et de malus était lié à la qualité de service. Mais elle « était de moins en moins bonne depuis plusieurs mois », reconnaît Annick Lepetit, qui liste le déséquilibre entre stations vides et pleines, le vandalisme sur les vélos ou le temps de réponse au courrier des usagers « qui pouvait aller jusqu'à deux mois ».
Pas de quoi réjouir la municipalité qui a fait du Vélib' la vitrine de son action. Après des mois de négociations - et d'accumulation de malus -, JCDecaux a convaincu la Ville que les règles de calcul lui étaient trop pesantes. « Decaux devrait des millions d'euros à la Ville, ce n'est pas applicable », concède Annick Lepetit. Résultat : les pénalités - encore jamais versées - sont en cours de renégociation. « Pour que le système s'améliore et que Decaux ne traîne plus des pieds, il faut que cette société ait un intérêt à ce qu'il y ait de plus en plus d'utilisateurs », poursuit l'élue. Résultat : jusqu'à 14 millions d'euros, seule la Ville percevra les recettes de Vélib'. Entre 14 et 17,5 millions d'euros, JCDecaux récupérera 35 % des recettes. Au-delà, la société touchera 50 %. Un système incitatif, selon la Ville, qui monte le plafond de sa prise en charge du remplacement des vélos vandalisés ou volés de 20 à 25 % du coût total. En contrepartie, le gérant du service s'engage à répondre par téléphone aux usagers en moins de deux minutes et par courrier en moins de quinze jours. Sous peine de pénalités. W