Enseignement Sciences-Po vient de mettre en place une section de journalisme

Publié le 5 mars 2006.
Directeur de Sciences-Po Il y a deux semaines, l’école de journalisme de Sciences-Po a ouvert ses portes. Quand l’idée de créer cette section a-t-elle germé ? Nous travaillons sur ce projet depuis deux ans. C’était une décision lourde à prendre parce qu’il fallait déterminer s’il existait des débouchés sur le marché du travail. Nous avons consulté près de deux cents personnes, journalistes, rédacteurs en chef, médias, pour savoir si cela avait un sens de créer une nouvelle école de journalisme. Nous en avons conclu que oui, mais le travail se trouve désormais dans l’audiovisuel. Quelles sont les spécificités de cet établissement par rapport aux autres écoles de journalisme ? Nous avons un ancrage universitaire important par rapport aux autres écoles. Personnalités de la politique et chercheurs sont très présents à Sciences-Po. Notre ouverture à l’international fait partie intégrante de notre pédagogie. Souvent, dans les autres écoles de journalisme, seul le point de vue français est exprimé. A Sciences-Po, vingt des cinquante-huit élèves sont étrangers, ce qui permet d’avoir l’avis d’une Asiatique ou d’un Américain sur les problèmes d’actualité, de confronter des points de vue différents. Les matières enseignées sont-elles particulières ? Elles ne sont pas différentes, mais il y a des points d’inflexion. L’histoire contemporaine est au coeur de notre enseignement. Parce que l’on ne peut pas prendre la mesure d’un sujet d’actualité sans en connaître l’histoire. La compréhension de l’économie d’entreprise sera également l’un de nos axes de travail. C’est une lacune chez les étudiants dont nous ont souvent fait part les recruteurs. Comment le corps professoral est-il composé ? Deux tiers de nos enseignants sont des professionnels, l’autre tiers est composé d’universitaires. Nous avons fait très attention à avoir une part équitable de professionnels de la presse écrite, de la télévision, de la radio et même d’Internet. La parité entre entreprises de presse privées et publiques a également été respectée. Selon quels critères avez-vous sélectionné les élèves de cette première promotion ? La personnalité de l’élève est l’un des critères déterminants. Viennent ensuite la rigueur dans la restitution des événements et l’agilité de réflexion. Autant de qualités que nous avons pu mesurer à travers une sélection en trois étapes : l’examen du dossier de l’élève, un concours écrit, puis un entretien de trois quarts d’heure. Certaines écoles de journalisme sont « reconnues par la profession ». Souhaitez-vous obtenir ce label pour votre établissement ? Bien sûr. Mais pour qu’une école puisse déposer un dossier de reconnaissance, il faut qu’au moins deux promotions en soient sorties. Nous le ferons donc en temps voulu. Propos recueillis par Magali Gruet
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