Mettre ou ne pas mettre en concurrence le contrat de gestion et de distribution d'électricité à Paris. Un sujet épineux sur lequel planche actuellement la Ville de Paris, dont la concession à ERDF arrive à échéance au 31 décembre 2009. Une mise en concurrence permettrait d'obtenir un meilleur rapport de force pour la mairie, qui pourrait attribuer le marché au plus offrant.
Mais il y a un hic. Si l'Europe impose la mise en concurrence, le droit français affirme qu'ERDF a le monopole pour gérer le réseau à Paris. La Ville sera donc hors la loi sur l'un des deux tableaux. Son choix sera observé de près par les autres communes. « Paris est la première à voir sa convention arriver à échéance, mais toutes les villes vont y être confrontées, analyse Catherine Dumas, directrice générale adjointe du syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l'électricité et les réseaux de communication (Sipperec), qui représente 80 villes de petite couronne. Nous, ce sera en 2019. La position de Paris ouvrira la voie. » En jeu : la qualité du réseau contre des revenus pour la Ville. Pour Denis Baupin, adjoint (Verts) de Paris chargé du développement durable, la mise en concurrence permettrait d'obtenir « la réalisation de travaux, le changement des compteurs électriques, l'adaptation du réseau à de nouvelles sources d'énergie ». Mais renégocier avec ERDF pourrait avoir un coût. Dans le contrat actuel, la Ville touche 29 millions d'euros de redevance par an, alors que la loi n'impose qu'à peine trois millions à ERDF. Une manne financière utile en période de crise. W