Nono, ex-caïd, filme Barbès à coeur ouvert

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Publié le 16 octobre 2009.

TELEVISION - W9 diffuse vendredi soir un reportage réalisé par un ancien habitant de la Goutte d'Or, dans le 18e arrondissement de Paris...

«Ici, les gosses fument du cannabis à 13 ans.» Nono a grandi entre la rue Myrha, l'église Saint-Bernard et le square Léon, à Barbès (18e). Un carrefour où drogués et enfants traînent sur les mêmes trottoirs. Où la moindre altercation peut rapidement se transformer en véritable drame familial. Son reportage, diffusé ce soir sur W9, raconte l'histoire d'un quartier rongé par les trafics.


Pas de caméra cachée

A 31 ans et après quatre années passées en prison, l'ancien caïd a décidé d'en finir avec les ennuis. Tout a commencé pendant les émeutes urbaines de 2005. «J'aidais les journalistes qui voulaient faire des images dans les cités chaudes, explique-t-il. Et puis j'ai eu l'idée de faire un sujet sur mon quartier, vu de l'intérieur.» Il démarche alors pendant un an les chaînes de télévision. Finalement, un producteur le remarque, mais trouve ses images «trop brutes pour le format TV». Il retourne alors filmer des séquences avec un journaliste, Fabien Boucheseiche, pendant vingt-cinq jours, entre décembre 2008 et fin janvier 2009. «Nous n'avons jamais shooté en caméra cachée», assure-t-il.


«Ils prennent leur crack devant la sortie des écoles»

Si, depuis, il a déménagé, il revient régulièrement dans le coin pour voir sa famille ou «fumer un ou deux joints avec les amis d'enfance». «Barbès, c'est une palette avec une multitude de bonnes et mauvaises couleurs. On repeint les façades des immeubles. Mais derrière, c'est toujours la même merde», lâche-t-il. Accompagné de 20 Minutes, il fait la visite du quartier. Square Léon: «Ils l'ont fermé la nuit, au moins les gosses n'y vont plus.» Eglise Saint-Bernard: «C'est abusé, ils prennent leur crack devant la sortie des écoles.» Rue Myrha: «Tout le monde fume à la vue des flics.» Au passage piéton, des personnes le saluent et viennent lui serrer la main. Nono est connu ici. Un jeune homme l'interpelle: «Eh, mais c'est toi qui nous as filmés, et tu nous as même pas prévenus», lui reproche-t-il. Nono lui rétorque que tout le monde est flouté. Mais visiblement, cette mise au point ne suffit pas. Le ton monte, les insultes fusent et les autres jeunes s'en mêlent. On est à deux doigts de la bagarre générale. Une heure plus tard, Nono s'explique via un SMS: «Désolé pour l'incident, mais avec les petits du quartier, faut pas laisser passer, sinon il n'y a plus de respect...»

William Molinié
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