Le système Dassault au pied du mur

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Publié le 25 septembre 2009.

La fin de l'ère Dassault a-t-elle sonné ? Dimanche, les habitants de Corbeil-Essonnes (Essonne) vont élire un nouveau maire. Pour la première fois depuis quinze ans, le patron de l'entreprise d'aéronautique, aux commandes de la ville depuis 1995, n'e...

La fin de l'ère Dassault a-t-elle sonné? Dimanche, les habitants de Corbeil-Essonnes (Essonne) vont élire un nouveau maire. Pour la première fois depuis quinze ans, le patron de l'entreprise d'aéronautique, aux commandes de la ville depuis 1995, n'est pas un prétendant. Depuis le début du mois, huit candidats* s'affrontent de façon musclée. Au point, d'ailleurs, de flirter avec les limites des règles de la démocratie. La vitrine de la permanence du candidat PS, Carlos Da Silva, a par exemple été vandalisée dans la nuit du 7 au 8 septembre dernier. Une semaine plus tôt, Jacques Picard (Europe Ecologie) avait demandé l'intervention d'observateurs internationaux pour surveiller les élections. Explications.

Pourquoi revote-t-on à Corbeil? Les municipales de mars 2008 ont été remportées de justesse (170 voix d'avance au second tour) par la liste du maire sortant, Serge Dassault (UMP). Son principal adversaire, Bruno Piriou (PC), dépose dans la foulée un recours pour contester le résultat et annuler l'élection. Rejetée en première instance, la demande est rejugée sur le fond par le Conseil d'Etat qui décide finalement, le 8 juin, d'annuler l'élection. Le sénateur de l'Essonne a effectué des «dons d'argent» à des habitants, ce qui a pu «altérer la sincérité du scrutin». Il est par ailleurs déclaré inéligible pendant un an.

Quels sont les enjeux? Il s'agit, pour l'équipe sortante, de conserver la gestion et la direction de la ville. Et de prouver que Serge Dassault, 84 ans, a fait l'objet d'« une véritable cabale et d'un complot rondement mené », explique un de ses proches. Pour ses opposants, c'est la possibilité de mettre fin à quinze ans de « système Dassault ». « La page est tournée, son équipe a éclaté. Il est grand temps de voir du sang neuf dans cette ville », déclare Michel Nouaille (PC), soutenu par Bruno Piriou.

Qui à la place de Dassault? Même écarté des listes, le propriétaire du Figaro n'a pas dit son dernier mot. Il a désigné un candidat à sa succession, Jean-Pierre Bechter, ancien sous-préfet et ami. «Mon rôle sera celui d'un directeur de cabinet. Assistant ou élu, personne ne va m'empêcher d'aider pour le bien de cette ville», assure Serge Dassault.

* Jean-Pierre Bechter (UMP), Rachid El Mahdi, Michel Nouaille (PC), Mourad Saadi, Jacques Picard (Europe Ecologie), Nathalie Boulay-Laurent, Carlos Da Silva (PS) et Jean-Michel Fritz.

William Molinié
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