A-t-on tenté de minimiser la crise immobilière parisienne pour soutenir le marché ? C'est la thèse de plusieurs observateurs, comme cet agent immobilier du 18e arrondissement qui avoue à 20 Minutes qu'il n'avait « aucun intérêt à dire que c'était la crise, sinon on vendait moins cher ». Ou l'ancien délégué général de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), limogé en juin car en désaccord sur les chiffres communiqués par sa fédération, qu'il trouvait trop optimistes (lire ci-dessous).
Hier, les notaires de Paris et d'Ile-de-France ont définitivement mis un terme au positivisme ambiant : au second trimestre 2009, les prix réels de vente sont effondrés en un an de 9 % en Ile-de-France, de 7,8 % à Paris, de 7,1 % en petite couronne et de 9,3 % en grande couronne. Le nombre de ventes est de son côté en chute libre, avec - 24,4 % de transactions à Paris sur ce trimestre par rapport à la même période en 2008 (-28 % en petite couronne, - 21 % en grande couronne). L'ancien résiste plutôt mieux que le neuf dans tous les secteurs géographiques.
A la Fnaim Paris Ile-de-France, Marcel Ricard, son président, se défend d'avoir voulu masquer la crise. « J'ai toujours dit que nous aurions 8 à 9 % de baisse dans Paris intra-muros en 2009, je n'étais pas à côté de la plaque. 185 de nos agences, sur 2 000, ont fermé dans la région depuis le début de l'année, je ne m'en cache pas. » Il estime que l'on « n'est pas sorti de la crise, et les prix ne vont pas remonter en 2010 ». Mais au niveau national, le discours reste aseptisé, et la communication de la Fédération est des plus ambiguës. Il y a trois jours, elle se fendait encore d'un communiqué intitulé « En août 2009 : pas de hausse des prix ». En effet, elle admettait quelques lignes plus loin que les prix du marché baissaient de 1,2 %. Un optimisme tout mesuré. W