« J'ai passé toute la nuit à reprogrammer mon ordinateur et ma caisse. » Pierre, le gérant du Bar Romain, rue Caumartin (9e), était fin prêt hier midi pour le premier service avec prix allégés, liés au passage de la TVA de 19,6 % à 5,5 %. Sa nuit blanche n'aura pas empêché les bugs, mais aura en tout cas ravi les clients de ce bistrot chic. « Il a baissé les prix de presque toute la carte, commente Jacques, un habitué. Cela m'incitera peut-être à prendre un dessert. J'espère, en revanche, que les restaurateurs ne vont pas remonter leurs prix dans quelques mois... » D'autres clients, déçus, se demandent pourquoi le tarif de la bouteille de vin n'a pas bougé. « L'alcool n'est pas concerné par la baisse de la TVA », leur explique Pierre.
Place du Marché-Saint-Honoré (1er), tous les troquets ne se sont pas lancés, comme les syndicats professionnels s'y étaient engagés. Certains attendent de « voir ce que font les confrères », d'autres évoquent des problèmes techniques. Noamane, du square Saint-Honoré, a lui décidé de mettre le paquet en réduisant toutes ses formules de plusieurs euros. « Les menus deviennent intéressants, surtout par rapport aux saladeries hors de prix, souligne Laure, attablée à l'étage. Cette baisse va m'inciter à retourner au resto. Mais je boycotterai ceux qui ne jouent pas le jeu. » W