À Villiers-le-Bel, des souvenirs brûlants

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Publié le 2 juillet 2009.

BANLIEUES - Le procès des émeutiers, qui s'ouvre aujourd'hui, pourrait cristalliser les tensions...

Le calme avant la tempête? Alors que s'ouvre ce jeudi le premier procès des émeutiers de Villiers-le-Bel, la préfecture du Val-d'Oise affirme avoir mis en place un dispositif de sécurité «pour éviter les problèmes pendant le procès». D'ailleurs, des fourgons de CRS patrouillent depuis une semaine à l'entrée du quartier de la ZAC. Car les heurts avec la police sont toujours nombreux et font depuis longtemps partie du décor. La récente mise en place des Uteq (unités territoriales de quartier) le mois dernier s'est même soldée par des échauffourées entre jeunes et forces de l'ordre. Mais le choix de débuter ce procès en juillet, quand les habitants ont déjà commencé à partir en vacances, pourrait toutefois contribuer à contenir les tensions.

«Le problème, c'est que rien n'a changé. Il y a toujours de graves soucis de logement, de chômage et de scolarité», regrette Mourad Moughanda. A l'époque, il avait créé le collectif des jeunes de Villiers-le-Bel et Sarcelles avec son ami Ali Menzel, décédé l'année dernière dans un accident de moto. Ils avaient eu comme projet d'organiser une marche pour amener leurs revendications jusque devant les grilles de l'Elysée. «A Villiers-le-Bel, les émeutes, c'est cyclique. On emmagasine une colère pendant deux ans. Et puis un jour, ça pète», lâche-t-il, désabusé.

Depuis un an et demi, des habitants tentent tout de même de régler les problèmes, à leur échelle. «Pour la première fois, les élus ont organisé la fête de Villiers-le-Bel et non pas, comme avant, des fêtes de quartier isolées», se réjouit Isabelle Krief, présidente de La Voie des Femmes, une association créée à la suite des événements de 2007. D'autres préfèrent la fermeté, comme au centre commercial Attac, situé à une cinquantaine de mètres du lieu où ont démarré les émeutes. «Depuis ce temps, on a renforcé notre équipe de sécurité. On a mis deux vigiles à la porte, trois dans le magasin et un qui tourne», lâche un vendeur du rayon frais. Pour l'heure, peu de gens se risquent à commenter le procès qui se tient aujourd'hui à Pontoise. «La vie continue, ici. Chacun essaie de rester en dehors de tout ça», confirme Armand Atonga, directeur de 8e Avenue, une association chargée de promouvoir l'insertion des jeunes.

 

William Molinié
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