Dans le box, l'accusé paraît absent, les yeux rivés sur le sol, même quand son père et son oncle, parties civiles, le fixent durement. « Vous reconnaissez les faits ? », demande la présidente. « Oui madame. Mais je ne me l'explique pas », répond Vincent. Depuis hier, ce jeune serveur de 22 ans comparaît devant la cour d'assises d'Evry (Essonne) pour le meurtre de sa grand-mère en 2007.
Le 3 décembre, il appelle la police et dit avoir trouvé sa grand-mère morte à son domicile de Viry-Châtillon (Essonne). A leur arrivée, les fonctionnaires découvrent la veille dame de 82 ans « confortablement assise » devant la télé et croient à une mort naturelle. En fait, un médecin relève 34 coups de couteaux sur la victime. A cet instant, sur les lieux du crime, Vincent s'isole pour regarder un film sur son ordinateur, « pour décompresser », raconte un enquêteur à la barre. « Quel film ? », interroge la magistrate. « Un film violent, L'Effaceur », indique-t-il.
Le lendemain, en garde à vue, le jeune homme avoue et explique, avec « une froideur » qui surprend la police, avoir effacé toute trace de sang, placé les jambes sur un repose-pieds, jeté son couteau papillon, et être rentré chez sa mère pour dîner et nettoyer ses vêtements. Il n'aurait pas supporté que celle qu'il appelait « [sa] banque » lui « manque de respect » en l'accusant de la voler. « Il répétait ne pas avoir prémédité son acte, note l'enquêteur. Et avoir simplement voulu l'intimider. Il disait qu'il voulait juste mettre les points sur les i. » En fait, pour la police, la grand-mère aurait refusé de donner de l'argent à son petit-fils qu'elle « vénérait » pourtant, selon une tante. Vincent encourt la perpétuité. Son procès se poursuit aujourd'hui et demain. W
David Thomson