« TVA is dead ». Le cocktail va être proposé par La Cantoche, rue Montmartre (2e), à ses clients la semaine prochaine. Un clin d'oeil à l'entrée en vigueur, aujourd'hui, de la baisse de la TVA dans le secteur de la restauration. En contrepartie, les professionnels se sont engagés à baisser les prix de plusieurs produits d'au moins 11,8 %. Hier, c'était donc l'effervescence dans les bistrots parisiens. « Je viens de refaire toute ma carte, affirme la responsable Stan & Co, rue de Provence (9e). Le café passe de 2,60 euros à 2,30, le dessert de 6,50 euros à 5,70. » Pierre, le gérant du Bar Romain, rue Caumartin (9e), était lui aussi dans le jus hier. « Je baisse mon entrée (de 6 euros à 5,50), plat (de 14 euros à 12,50) et dessert (de 6 euros à 5,50) du jour, et notre formule tartare du midi passe de 16 euros à 15. »
D'autres sont moins précis. Eric, le patron de L'Eden, rue de la Chaussée d'Antin (9e), pense simplement baisser son plat du jour de 2 ou 3 euros. « Certains confrères ont gonflé leurs prix avant pour les réduire aujourd'hui. C'est comme pour les soldes, un peu hypocrite. Je préfère donner du pouvoir d'achat à mes salariés. Je vais augmenter mon cuisinier de 8 %. » C'est l'autre option des restaurateurs : améliorer les salaires et/ou embaucher. Le Jules Verne, à la tour Eiffel (7e), a recruté quatre personnes. « Pour les établissements haut de gamme, la baisse des prix est moins pertinente, puisque leur clientèle y est moins sensible », commente Didier Chenet, le patron du Synhorcat. Le syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers, traiteurs assure néanmoins que 80 % de ses adhérents devraient jouer le jeu. Les clients, eux, attendent la baisse. Bruno, du Zinc Saint-Honoré (1er), le souligne : « Les banquiers veulent leur café à 1 euros. Actuellement, il est à 1,10 euros, on va leur faire plaisir. »