Un rappel à l'ordre sans équivoque de la chambre régionale des comptes (CRC). Hier, le conseil municipal de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) devait débattre d'un rapport de la CRC qui épingle les finances de la ville de 1994 à aujourd'hui sur plusieurs points.
Entre « anomalies constatées sur l'attribution de compléments de rémunération excédant les limites posées par les textes », « directeur de cabinet qui cumulait des fonctions », « procédures de mise en concurrence non conformes aux exigences d'égalité des candidats et de transparence » ou « dépenses en frais de réception qui n'indiquent pas le nom des convives ni le nombre de repas pris », le mode de gestion du maire (UMP), Patrick Balkany, en prenait pour son grade. Le tout sur fond de hausse des impôts.
Vaste blague
Pour Patrick Balkany, il s'agit d'une vaste blague. « Ils cherchent des poux dans la tête là où il n'y en a pas. Il n'y a rien dans ce rapport. Il n'y a même plus de réceptions à la mairie. Moi, je n'ai aucune note de frais. Sur les appels [d'offres], tout est faux. Si c'était pour nous dire que la ville est endettée, on le savait. Ils enfoncent des portes ouvertes. »
Les débats avaient donc tout pour virer au pugilat. Anne-Eugénie Faure, élue (PS) d'opposition, comptait bien en découdre. « C'est la concrétisation du clientélisme en chiffre, avec 1 million d'euros de cocktails, ces voitures de fonction, ces cartes d'essence... L'opacité des finances de la ville est mise au grand jour, quand le maire vit grassement alors qu'il augmente les impôts. » Hier soir, des policiers avaient été appelés en renfort pour assurer l'ordre durant la séance. Le débat devait avoir lieu très tard dans la nuit, l'adoption du plan local d'urbanisme de Levallois ayant été mis en premier à l'ordre du jour. « On ne baissera pas les bras. S'il le faut, nous y passerons la nuit », promettait la gauche.