Un verdict en demi-teinte. Vendredi, les assises de Seine-Saint-Denis,

à Bobigny, ont condamné Salaheddine Alloul, 22 ans, à cinq ans de réclusion criminelle pour coups ayant entraîné la mort d'un sexagénaire, à Stains, lors des émeutes de 2005. Il en encourait quinze. Le procès, qui se tenait depuis mercredi dernier, a été ponctué de rebondissements, si bien que l'avocat général et les parties civiles ont douté un instant de sa culpabilité. Plusieurs témoins ont en effet expliqué avoir subi des pressions pour accuser Salaheddine, et non le vrai coupable, dont le frère aîné aurait tenté de les intimider.

Le soir du 4 novembre 2005, la victime, Jean-Jacques Le Chenadec, et son voisin, Jean-Pierre Moreau, respectivement président et vice-président du conseil syndical de leur immeuble, avaient éteint un feu de poubelles puis étaient restés dehors pour discuter avant de recevoir, selon M. Moreau, des projectiles lancés par des jeunes. M. Alloul leur aurait posé une question avant de les frapper, sans attendre la réponse. Salaheddine Alloul soutenait une version des faits bien différente : MM. Le Chenadec et Moreau, alcoolisés, auraient tenu à son encontre des propos racistes qui l'auraient conduit à frapper les deux hommes. Il aurait ensuite prévenu les secours avant de s'enfuir. Depuis, il était revenu sur ses déclarations, assurant n'avoir frappé que M. Moreau. Pour l'avocat des parties civiles, ce verdict est un « soulagement ». « Aux yeux du peuple français, on connaît la vérité. C'est ce qui importait pour Mme Le Chenadec », a-t-il déclaré après l'audience. W

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