C'est bien connu, le tabac tue. Mais qu'il pollue, l'idée est moins répandue.
Pourtant, un mégot jeté dans la rue mettra douze ans à se décomposer. « Mais si vous faites un sondage, 90 % des fumeurs ne voient aucun mal à jeter leurs mégots par terre, observe François Dagnaud, adjoint (PS) chargé de la propreté à la Mairie de Paris. On n'a pas encore pris conscience que la cigarette est un déchet. » Et un déchet envahissant depuis l'entrée en vigueur de la loi sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics.
Pour y remédier, la Ville de Paris organise des opérations de sensibilisation. Hier, plus de deux cents cendriers de poche ont été distribués devant le lycée Charlemagne (4e). « Le but n'est pas de culpabiliser les fumeurs, reprend François Dagnaud, mais de faire d'eux des partenaires de l'environnement. » Si l'idée est belle dans les faits, il faudra encore quelques années avant qu'elle parvienne à ses fins. Adossées au mur du lycée, Sarah et Enora s'en grillent une à la sortie des cours. En regardant « la petite boîte de cirage » pour leurs mégots usagés, elles sourient : « On va y penser aujourd'hui, mais demain... » Demain ? Ce ne sont pas moins de 40 000 poubelles équipées de cendriers qui quadrilleront, en 2010, les rues de Paris. Pour faire passer l'envie de polluer. W
Tiphaine Réto