« Je n'ai même pas pu me laver »

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Publié le 6 mai 2009.

Réveil musclé hier matin pour les artistes du 12, rue de Candie (11e). Vers 7 h, plusieurs dizaines de policiers les ont délogés de force des bâtiments qu'ils squattaient depuis le 1er janvier. « J'étais en slip. Je n'ai même pas pu me laver », s'indigne Saïd, demandeur d'asile. Une fois la dizaine d'occupants expulsés, la police a bouclé le périmètre. Un huissier a ensuite procédé à la saisie de leurs biens, envoyés dans un garde-meuble en Seine-Saint-Denis. « Tout mon matériel vidéo a été saisi. J'en ai besoin pour travailler. Ils ne m'ont même pas laissé prendre une valise », déplore Sylvain, réalisateur de courts métrages.

Une dizaine de personnes habitaient dans ce squat et une vingtaine d'autres en avaient fait leur atelier de sculpture, peinture, photo ou vidéo. Diverses manifestations et vernissages devaient être organisés dans cet espace appartenant à la Ville de Paris. Et pour la police, c'est bien là le problème. Car « ces occupants sans droits ni titres vivaient dans un immeuble dangereux, selon la préfecture de police à l'initiative de la mesure. Un arrêté d'interdiction d'occupation a été pris en raison de la vulnérabilité des façades, des murs pignons et de l'installation électrique. Il y avait donc un danger réel. » A terme, l'immeuble doit être transformé en logements sociaux. En attendant, les artistes expulsés ont trouvé refuge dans un autre squat, rue Saint-Maur (11e). W

David Thomson

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