« L'Ile-de-France est toujours présentée comme une région pléthorique, mais elle risque d'être l'une des plus touchées par la baisse de la densité médicale dans les années à venir. » En chiffres, le constat dressé par François Wilthien, le secrétaire général de l'Union régionale des médecins libéraux (URML), est encore plus frappant : la densité médicale des libéraux en Ile-de-France devrait diminuer de 25 % d'ici à 2030, contre « seulement » 10 % en moyenne en France. Ces prévisions pessimistes, liées au départ des papy-boomers à la retraite, pourraient être aggravées par deux mouvements concomitants : les jeunes toubibs s'installent de plus en plus tard (39 ans en moyenne), tandis que leurs aînés ont envie de partir plus tôt.
L'URML s'est intéressée à ces derniers, dans une enquête réalisée auprès de 5 000 médecins libéraux de 50 ans et plus. Résultat : 57 % d'entre eux comptent prendre leur retraite à 65 ans, 20 % avant cet âge, et seuls 17 % envisagent de poursuivre leur activité au-delà. En Seine-et-Marne, ils sont moins nombreux encore à vouloir garder la blouse quelques années supplémentaires (voir infographie). Comme ce sont les « jeunes seniors » (50-54 ans) qui souhaitent s'arrêter le plus tôt, il faut, selon l'URML, « s'attendre à un raccourcissement de la durée de la carrière des médecins libéraux ». Le problème, c'est que ces praticiens ont du mal à trouver un successeur : ils sont 93 % à rencontrer des difficultés pour assurer leur suite (97 % dans le Val-d'Oise). Et ce n'est pas le cas seulement dans les zones sensibles ou rurales. « Un beau cabinet dans le 8e arrondissement est aujourd'hui beaucoup trop cher, donc invendable », souligne le Dr Wilthien. Comment endiguer cette crise annoncée de la démographie médicale ? L'URML, consciente des « conditions d'exercice parfois difficiles en Ile-de-France, surtout pour les femmes - qui sont de plus en plus nombreuses », présentera un plan d'action au mois de juin. W