Les cybergendarmes prennent les pédophiles dans leur Toile

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Publié le 23 avril 2009.

Sur Internet, un pseudo peut cacher n'importe qui. Même un gendarme. Mercredi 8 avril, un pédophile en a fait les frais. Il croyait faire des avances à Lise, 13 ans. Il chattait en réalité avec un membre des forces de l'ordre. Et c'est la police qui est venue le cueillir chez lui en Seine-Saint-Denis. Deux semaines après cette première en France, révélée vendredi, 20 Minutes a rencontré les gendarmes du service technique de recherche judiciaire et de documentation (STRJD) en charge de la cybercriminalité, qui ont placé cet homme sous les verrous.

Leur QG se niche au fort de Rosny (93), l'oeil rivé sur un écran. Grâce à un arrêté du 31 mars, ils ont désormais le droit de se faire passer pour des mineurs sur Internet pour entrer en contact avec des pédophiles. Ces cyberflics ont suivi une formation pour manier les abréviations de type SMS utilisées par les enfants. Depuis, ils infiltrent les salons de discussions dédiés aux pré ados avec un principe : ne jamais pousser au crime. C'est le pédophile qui doit faire le premier pas. Dès qu'il propose une relation sexuelle, il tombe sous le coup de la loi et son adresse IP permet l'interpellation. Mais souvent, le but est uniquement d'obtenir des photos. « Leur discours est bien rodé, explique le commandant Permingeat, chef de la division de lutte contre la cybercriminalité de la gendarmerie. Ils approchent une proie facile qui a des problèmes à l'école ou avec sa famille via son blog. Ils passent en chat privé et demandent à l'enfant de se masturber devant sa webcam en le menaçant de pirater son ordinateur. »

Autre volet du travail de cette vingtaine d'enquêteurs : écumer les forums pédophiles hébergés à l'étranger. « Cela nous permet de comprendre leur façon de penser, raconte Alain Permingeat. Certains lancent des discussions comme "Un enfant handicapé est-il baisable ?". C'est dérangeant mais ça nous permet de les arrêter. » Mais ce qui facilite la tâche des pédophiles, selon le chef des cybergendarmes, c'est que « la majorité des parents ne connaissent pas Internet. Du coup, ils oublient de rappeler à leurs enfants le principe du "tu ne parles pas aux inconnus". Et parfois sur MSN, le copain du copain du copain est un pédophile. » W

David Thomson
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