« Même le garagiste m'a dit que ça ferait du bien à mon moteur. » Franck a décidé de se lancer « pour des raisons économiques et écologiques » : cette semaine, sa vieille 205 a bu pour la première fois de l'huile de friture. Franck a acheté son bidon chez Eric, plombier à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). Et premier représentant francilien, depuis février, de l'association Roule ma frite*, créée en 2005 à Marseille.
Chez lui, point de labo d'analyse ni de cuve de 2000 m3. Dans son garage, derrière sa maison en crépi, l'ambiance est au bidouillage artisanal. Et familial. « Je me suis lancé avec mes deux filles. Une fois par semaine, nous faisons la tournée d'une cinquantaine de restaurateurs du coin pour collecter leurs huiles usagées. »
Une fois les bidons déchargés, Aurélie et Marie manient la passoire pour éliminer les impuretés. Le liquide est ensuite transvasé dans des cuves où il décante pendant quinze jours. « Le dépôt stagne au fond et le reste passe à travers trois filtres différents. » Pour atterrir dans des jerrycans que les adhérents viennent récupérer. « Pour l'instant, je n'ai que deux clients, reconnaît l'apprenti huileux. Mais je compte sur le bouche à oreille. » A cinquante centimes le litre, la formule pourrait séduire les automobilistes franciliens. D'autant qu'ils pourront bientôt s'approvisionner chez un second représentant de l'association, dans l'Essonne. Seul bémol : il faut équiper son moteur d'un kit à 800 eur pour rouler complètement à l'huile. A défaut, on ne pourra que la mélanger au gazole, à hauteur de 30 %. Le réservoir de l'Espace d'Eric, lui, reçoit 100 % d'huile depuis deux mois. Moteur ronronnant, conduite fluide. Seul le fumet tendance graillon qui s'échappe du pot pourrait le trahir... ■L. M.
* www.roulemafrite.org ; rmfchanteloup@free.fr.