« Avant de jeter le soutien-gorge à votre gauche, il faut se déhancher à droite. » Les cours d'effeuillage de Violeta, fondatrice d'ArtStrip School, une « école de séduction » du 9e, ne désemplissent pas. Apprendre à se dénuder est à la mode. Ainsi, le Salon Eropolis, qui se tient au Bourget d'aujourd'hui à dimanche, propose pour la première fois aux femmes des ateliers d'initiation au strip-tease.
« L'effeuillage est différent : il ne s'agit pas d'allumer un partenaire, précise Violeta. Les femmes le font pour elles-mêmes, pour se réapproprier leur part de féminité ou simplement s'amuser. » Parmi les élèves, des Parisiennes de tous les âges, malgré un prix assez élevé de 50 euros les deux heures. Cet éclectisme se retrouve dans tous les cours qui se développent depuis quelques mois dans Paris. « Ça marche avec n'importe quel physique », indique Delphine Gaudy, cogérante de Dollhouse, magasin cosy de sex-toys (4e) qui propose des ateliers depuis un an. Et qui se revendique de « l'effeuillage burlesque », de plus en plus en vogue. Dans ce show développé par les pin-up américaines des années 1920, la notion de jeu est primordiale. « On en fait des caisses avec des éventails à plumes énormes. A chacun de trouver son personnage. » « L'effeuillage burlesque a indéniablement un aspect militant féministe et subversif, complète Juliette Dragon, la meneuse du « cabaret des filles de joie » de Ménilmontant qui a lancé il y a quelques jours une école et qui compte organiser le premier Festival burlesque de Paris en octobre. « Notre modèle est Rita Hayworth dans Gilda quand elle enlève son gant : c'est sulfureux au possible ! » Le strip-tease macho n'a plus qu'à aller se rhabiller. ■