installé sur le plateau de Saclay, un exploitant défend son lopin de terre

0 contributions
Publié le 25 février 2009.

C'est au milieu d'une forêt d'agences immobilières et de restaurants cossus que la ferme Vandame se blottit. A 44 ans, Emmanuel Vandame vit et travaille dans cette exploitation agricole de Villiers-le-Bâcle (Essonne), au coeur du plateau de Saclay. Son père et son grand-père travaillaient déjà, il y a plusieurs décennies, les mêmes terrains, « les meilleurs de la région ». « Quatre mètres de profondeur de limon au-dessus d'une couche d'argile verte : cela permet d'avoir d'excellents rendements, même en cas de sécheresse. » Comme lui, ses aïeux tiraient de cette terre du blé, du colza, du maïs. Comme lui, ils avaient vu leur nombre d'hectares réduire lorsque le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) s'était installé dans la commune.

Aujourd'hui, le développement du pôle de recherche de Saclay, voulu par Christian Blanc, secrétaire d'Etat au Développement de la région-capitale, menace indirectement Emmanuel Vandame. « Sur la commune de Saclay, deux fermes vont perdre 40 hectares. Or, je partage mon matériel avec elles. Nos charges vont donc augmenter. » Lui s'était déjà fait exproprier de 10 hectares en 2005 pour le doublement de la D 36 et la mise en service de bus en sites propres. Un projet qui n'a jamais vu le jour et que Christian Blanc souhaiterait accélérer.

L'année dernière, Emmanuel Vandame a également perdu un hectare en raison de la mise en service d'un bassin de rétention d'eau du CEA. « Le projet de Blanc, c'est de la connerie en barre. L'agriculture, il n'en a rien à faire. A l'heure du Grenelle de l'environnement, il est en contradiction avec le reste du gouvernement ! » Et pour montrer que « l'urbanisation de Saclay, c'est la cata », il s'est lancé il y a cinq ans dans des circuits courts de distribution. Pommes de terre, lentilles ou encore farine, produits sur trois hectares, sont vendus directement aux consommateurs à Villiers-le-Bâcle mais aussi Paris, Saint-Cloud ou Montreuil via une antenne de l'Association pour le maintien d'une agriculture paysanne (Amap). « Ce n'est pas un besoin économique. C'est une réponse politique. » ■ Alexandre Sulzer

Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr