Il y a encore deux ans, tout le monde le prenait « pour un fou ». Mais aujourd'hui, Frédéric Bouché fait figure de précurseur. Agriculteur à Ballancourt (Essonne), il vend depuis un peu moins d'un an de l'électricité à EDF grâce à l'installation de 938 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit de sa ferme. Avec un objectif : rembourser le lourd emprunt de son nouveau corps d'exploitation.
Un pôle sur les énergies renouvelables, ouvert au Salon de l'agriculture (15e) jusqu'au 1er mars, vise à promouvoir ce type de dispositif encore peu développé. En Ile-de-France, seules deux exploitations agricoles se sont lancées dans l'aventure. « Au départ, c'était le néant dans la région, raconte Frédéric Bouché, 40 ans. J'obtenais des informations contradictoires. Certains me disaient même qu'il fallait être à Nice ou à Marseille pour avoir de tels panneaux. » Après deux années de démarches intensives et des moments de découragement, le producteur de céréales et de colza a fini par voir sa nouvelle ferme bâtie. « En Allemagne, il faut quinze jours pour monter un dossier. Ensuite, les communes s'occupent de tout », souligne-t-il avec un peu d'ironie. En dépit de plusieurs sollicitations, Frédéric Bouché n'a reçu aucune subvention des collectivités. Aujourd'hui, l'agriculteur a déjà vendu 134 000 kW à EDF qui lui a reversé 76 380 euros. « C'est assez positif car nous allons atteindre l'objectif des 135 000 kW en un an. Je suis convaincu de l'efficacité du système », assure-t-il. Depuis, l'ancienne secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, est venue inaugurer le site, et les délégations régionales de chambres d'agriculture se succèdent pour obtenir des informations. « On traite toujours les agriculteurs de pollueurs, mais le problème c'est que nous ne sommes pas formés sur le sujet. Moi, ce qui m'importe, c'est de transmettre un bien propre à mes enfants. » ■