« La survente, c'est fini. Les acheteurs ne veulent plus être pris pour des vaches à lait. » Fort de ce constat, et soucieux d'anticiper la baisse des prix de la pierre à Paris, Michael Sfedj, gérant d'une foncière immobilière, a lancé mi-janvier un site Internet d'un genre nouveau. Une déclinaison du concept low-cost popularisé par les voyagistes. Objectif : se faire l'intermédiaire entre vendeurs et acheteurs et proposer à ces derniers, devenus frileux et attentistes depuis quelques mois, des appartements à prix cassés à Paris et en banlieue.
Sur Lowcostappart, on tombe, par exemple, sur un 53 m2 dans un bel immeuble à deux pas des Buttes-Chaumont (19e) pour 238 000 euros. En passant par le site De particulier à particulier, il faudrait en débourser au minimum 10 000 de plus pour s'offrir un deux-pièces dans le même quartier. Et chez le concurrent Seloger, le seul bien comparable est affiché à 297 000 euros... « Je me suis précipité sur l'occasion, confie un retraité qui vient d'acheter un deux-pièces dans le centre-ville de Bagneux (92). Un 42 m2 pour 100 000 euros, c'est une affaire valable, non ? Mon gendre va y faire quelques travaux pour que je puisse le louer. »
Trois autres transactions ont été finalisées depuis le lancement du site à la mi-janvier. Le secret de Michael Sfedj : annoncer sur le site des prix déjà négociés et serrés au maximum, tandis que les agences proposent des tarifs laissant une marge de « marchandage ». Presque un quart des propositions, jugées trop gourmandes, sont d'ailleurs refusées par Lowcostappart. Mais pourquoi les propriétaires sont-ils prêts à « solder » leur bien ? « Certains sont pressés, répond le patron du site. Ils ont acheté un autre logement et ont un prêt-relais sur le dos. D'autres s'inquiètent de la valeur qu'aura leur bien dans quelques mois. » Pour l'instant, 160 vendeurs ont déposé une annonce (29,90 euros/mois). Loueurs et locataires pourront bientôt, eux aussi, tenter leur chance. ■http://lowcostappart.com