Quel est l'enseignement principal de votre enquête sur les nocturnes non-stop initiées lors de l'exposition « Picasso et ses maîtres » ?
L'étude montre que l'affluence du dernier week-end au Grand Palais était liée au bouche à oreille, au buzz fait autour de l'événement. Par ailleurs, nous ne pouvions prolonger l'exposition, c'était donc le moment ou jamais de la voir. Un total de 93,9 % des visiteurs ayant profité de ces nocturnes sur trois jours sont prêts à renouveler l'expérience.
Mais il faut une conjonction de facteurs pour pouvoir renouveler ce type d'opération, qui reste exceptionnelle. C'est une piste que nous explorons pour la prochaine exposition au Grand Palais, « Le grand monde d'Andy Warhol », qui débute à la mi-mars.
L'exposition Andy Warhol sera donc la prochaine?
C'est un sujet d'histoire de l'art très intéressant qui pose un regard neuf sur les portraits. C'est en plus un thème très grand public, voire people, car ces portraits privés sont ceux de célébrités. Si le succès est au rendez-vous en journée, on envisagera alors une ouverture 24 heures sur 24 lors d'un week-end.
Serait-il possible d'imaginer des ouvertures jusqu'à 2 h du matin plus régulières ?
C'est une autre piste de réflexion. Nous avons aussi vu que les créneaux entre 6 h et 7 h avaient été très prisés. Cela correspond à un nouveau mode de vie, où on a envie d'aller au musée comme d'aller faire un jogging le matin.
Est-ce une façon d'attirer un nouveau public ?
Tout à fait : 28 % des visiteurs sondés pour l'exposition Picasso sont venus de nuit car ils manquaient de temps dans la journée, et un peu plus de 70 % ont indiqué qu'ils étaient actifs. Le public était plus jeune et moins habitué à fréquenter les musées. ■