L'idée fait son chemin, mais elle ne va pas sans pépins. Nicolas Richaudeau, chef d'exploitation des Vergers d'Attainville (Val-d'Oise), a trouvé son créneau : la vente de tranches de pommes sous emballage (1euros environ le sachet de 100 g). Ce producteur a eu l'idée en 2006, grâce à un ami québécois qui s'y était déjà converti. « L'idée est de faire manger des pommes à ceux qui n'en mangent pas », explique-t-il. « Les enfants sont particulièrement sensibles au packaging et puis, il y a un côté convivial puisque l'on peut partager un emballage à plusieurs, comme des M&M's. » Un investissement de 150 000 euros lui a permis d'acheter le matériel pour « détrogner » et trancher les précieux fruits.
Aujourd'hui, Nicolas Richaudeau est le seul acteur francilien sur ce marché naissant. Ses deux autres concurrents sont situés en Bretagne et dans le Roussillon. Ses clients ? Les plateaux-repas à bord des avions, des trains, les distributeurs automatiques en entreprises ainsi que les espaces de restauration à Disneyland Paris. Un chiffre d'affaires de 200 000 euros annuels (sur un total de 900 000 euros puisqu'il continue de vendre également des fruits entiers).
En revanche, le marché scolaire lui reste difficilement accessible en raison de la loi de santé publique de 2004 qui interdit les distributeurs automatiques dans les écoles. Il peut encore percer dans les cantines, mais « les collectivités privilégient souvent les gros acteurs de la restauration en raison des prix peu élevés ». Nicolas Richaudeau, qui vante les vertus du « local et du goût », vient de signer un contrat avec le syndicat intercommunal en charge des cantines de Bondy et Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Une guerre dans laquelle il ne compte pas faire de quartier. ■