Retour des campements dans les rues de la capitale. Cette fois-ci, les tentes n'abritent pas des SDF mais des homosexuels venus de Bourges (Cher) pour protester contre la fermeture administrative d'une discothèque gay. Le Q, c'est son nom, a été fermé pour trois mois le 18 décembre, à la suite d'une bagarre qui s'était déclenchée devant ses portes. « C'est la quinzième fermeture en dix ans, un record en France », s'insurge Olivier Rivet, un des associés du lieu, qui dénonce « l'acharnement de la préfecture du Cher ».
S'il a installé cinq tentes rose bonbon rue des Archives (4e), c'est pour « raconter à la communauté parisienne qu'aujourd'hui encore, on ne peut pas vivre son homosexualité dans les petites villes de province. Dans les années 1980, de nombreux homos sont montés à Paris pour ne plus vivre cachés, renchérit Olivier Rivet. Ce n'est pas normal qu'on en soit encore là en 2009, et qu'on fasse fermer le seul lieu de rencontre gay d'un département. »
Pendant trois jours et avant de démonter son campement hier soir, il a distribué des tracts et rencontré les habitants du Marais : « On n'est pas des tapettes hurlantes ! On veut simplement dénoncer un climat homophobe. » Les propriétaires du club ont déposé un dossier auprès de la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). ■Lise Martin