Le fait divers n'était pas passé inaperçu. Hier étaient jugés à huis clos, au tribunal de Versailles (Yvelines), trois mineurs déscolarisés de 15 et 17 ans, qui avaient agressé un conducteur SNCF en gare de Maisons-Laffitte, le 12 janvier. Le lendemain, les cheminots avaient exercé leur droit de retrait, entraînant la fermeture de Saint-Lazare pendant une journée et une belle pagaille.
Les deux qui ont reconnu les faits, ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis ainsi qu'à plusieurs mois de liberté surveillée, conformément aux réquisitions du parquet. Celui qui niait avoir donné des coups, a, lui, écopé de quinze jours avec sursis. Une peine plus sévère que ce que demandait le procureur. Aucun des prévenus, confondus par des caméras de vidéosurveillance, n'avait formellement été identifié par la victime. La SNCF, qui s'était portée partie civile, notamment pour « troubles à l'exploitation ferroviaire » et « atteinte grave à l'image » de la société, bénéficiera de 500 euros de dommages et intérêts. Elle n'en demandait que 1 000, reconnaissant que le droit de retrait n'était qu'une « conséquence indirecte » de l'agression. Contactée hier, la SNCF n'a pas souhaité commenter le jugement.
Le conducteur du train a obtenu 1 500 euros de dommages et intérêts pour son préjudice moral et 392,53 euros de compensation pour perte de salaire. Selon une expertise, il a subi un traumatisme de l'oeil gauche et souffrait d'une contusion de la cuisse. Le cheminot, qui n'a repris le travail que le 29 janvier, ne s'est pas présenté à l'audience « par peur », selon une source judiciaire. Agé de 34 ans, il travaille à la SNCF depuis dix ans et n'avait jamais subi de violences. ■