Il s'en est fallu de peu. L'année 2008 n'a connu aucun pic de pollution marquant, le premier épisode inquiétant ayant attendu... le 1er janvier 2009 pour se manifester. Mais Airparif n'a pas fait preuve d'un optimisme débordant, hier, lors de sa conférence annuelle. Certes, le bilan global est meilleur qu'en 2007, et pour la première fois depuis qu'elle a été mise en place, en 1994, la procédure d'alerte n'a pas été déclenchée une seule fois.
Mais ces résultats sont avant tout dus aux conditions météo, notamment à un été frais et nuageux. « Et malgré tout, souligne Philippe Lameloise, directeur d'Airparif, la situation reste insatisfaisante sur les quatre grands polluants classiques que sont le dioxyde d'azote, les particules, l'ozone et le benzène. »
Exemple avec les particules : elles ont atteint, en 2008, leur plus bas niveau historique, mais les valeurs limites restent largement dépassées le long des axes routiers franciliens. Sur le périphérique, les particules fines peuvent même atteindre un seuil deux fois supérieur à celui préconisé par le Grenelle de l'environnement. Deux Parisiens sur trois seraient, par ailleurs, exposés à un air qui ne respecte pas les réglementations sur le dioxyde d'azote. D'une manière générale, les baisses de pollution observées depuis plusieurs années semblent se tasser, les technologies de limitation des émissions étant largement répandues (pots catalytiques, filtres...). La marge d'action se réduit, et ce n'est pas de bon augure pour 2009. Des taux records de particules ont déjà été observés à quatre reprises en janvier. ■