Depuis vendredi, le Muséum d'histoire naturelle a un nouveau président. Gilles Boeuf succède à André Menez. Un président qui arrive en plein chantier. Car, si l'institution est toujours aussi respectable, elle a un peu perdu de ses couleurs. Même s'ils restaient des endroits prisés des Parisiens, le musée de l'Homme et le zoo de Vincennes, deux de ses têtes de pont, voyaient leur fréquentation péricliter. La vétusté de certains lieux, comme le zoo ou la ménagerie du Jardin des Plantes (ouverte en 1794) commençait aussi à représenter un danger pour le public. Le Muséum s'est donc engagé dans un chantier sans précédent, qui concerne à peu près tous ses sites, pour environ 280 millions d'euros. Fonds publics et privés sont mobilisés. Il s'achèvera en 2012.

L'objectif n'est pas simplement de rénover, mais aussi de répondre aux nouvelles demandes du public. Le ministre Jean-Louis Borloo, dans le cadre du Grenelle II, a notamment missionné le Muséum pour « sensibiliser le public à l'environnement ». C'est pourquoi les nouveaux lieux prendront un aspect plus pédagogique, « sans perdre pour autant leur poésie », insiste Bertrand-Pierre Galey, directeur général du Muséum. Celui-ci veut aussi « davantage communiquer sur notre recherche ». Car, on le souligne rarement, mais sur les 1 850 employés de l'institution, on compte 500 scientifiques. « Notre objectif est de pouvoir modéliser le changement de l'environnement, comme on a modélisé le changement climatique, et de devenir le porte-parole de la nature en France. C'est une mission qui motive l'ensemble de nos chercheurs. » ■

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