Il ne supportait pas d'avoir «le coeur brûlé»

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Publié le 11 février 2009.

Leur histoire d'amour a commencé par un échange de regards. Mais lundi, devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis, à Bobigny, ils ont tout fait pour s'éviter. Amer Butt, 28 ans, est jugé jusqu'à vendredi pour avoir tenté de tuer Chahrazad Belayni, 21 ans, sa petite amie de l'époque, en la brûlant vive le 13 novembre 2005 à Neuilly-sur-Marne. La jeune fille, avec qui il projetait de se marier, avait mis un terme à leur relation quelque temps auparavant.

Le visage caché derrière ses longs cheveux auburn, Chahrazad, brûlée sur 60 % du corps, a décrit leur relation comme de «bons moments passés ensemble», avant qu'elle bascule dans la violence. «Il me criait dessus. Il ne voulait pas que les gens me voient dans mes habits de vendeuse au magasin de vêtements où je travaillais. Je ne voulais pas vivre comme ça.»

Et puis est arrivé ce dimanche matin de novembre. «Je voulais juste aller travailler», a-t-elle répété, en pleurs. «Il est arrivé en voiture. Il m'a couru derrière et m'a aspergée d'essence. Tout mon corps a pris feu. J'ai essayé de me mettre par terre pour l'éteindre, mais je n'y arrivais pas.»

«Le bidon, je l'avais sorti pour moi, pas pour elle»

Un récit difficile à entendre pour l'accusé qui est resté prostré dans le box un long moment. «A défaut de regarder Mme Belayni, regardez au moins la cour, lui a lancé la présidente, Joëlle Bigourdan. Vous avez souhaité rentrer en France pour affronter vos responsabilités. C'est le moment!» Après les faits, Amer s'était enfui pendant un an au Pakistan, son pays d'origine, puis, se sachant traqué par la police, il s'était rendu.

Avec force détails, le jeune homme s'est souvenu des moments «intenses», selon lui, de leur relation. Comme le jour de leur premier baiser, en 2004. «Ses yeux brillaient comme des diamants. Malgré la chaleur dehors, j'avais des frissons», raconte-t-il, encore animé. Puis, bousculé par la présidente, il s'est lancé dans le récit du drame. «Je voulais lui parler. Je lui ai dit qu'elle me brûlait le coeur.»

Les mains sur le visage, il explique avoir voulu dans un premier temps s'asperger lui-même d'essence. «Le bidon, je l'avais sorti pour moi, pas pour elle. Et puis je me suis dit qu'il fallait qu'elle sente ce que j'éprouvais.» Entre deux sanglots, Amer a demandé pardon à Chahrazad. Trop éprouvée, la jeune fille avait déjà quitté la salle d'audience depuis longtemps.

Carole Bianchi
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