Outre un petit film mis en ligne discrètement sur son site*, la société de chemins de fer compte endiguer ce phénomène qui a pris en 2008 des proportions inquiétantes : près de deux cents suicides ont été constatés, soit une hausse de 22 % par rapport à 2007. Aux heures de pointe, l'augmentation est même de 72 %. Près de cinq mille trains ont été annulés ou retardés en raison des « accidents de personnes » (dans la quasi-totalité des tentatives de suicide). Soit 6 % des irrégularités sur un réseau qui n'en a vraiment pas besoin.
Ces chiffres masquent des différences importantes entre les lignes. Sur la H, qui relie la gare du Nord, Luzarches, Persan-Beaumont et Pontoise, la plus touchée, un retard sur dix est provoqué par une volonté de mettre fin à ses jours. Sur le RER C, ce taux est de 8 %.
« Nous allons commencer par cesser de faire du suicide un tabou, explique Jean-Pierre Farandou, directeur du réseau Transilien. Nous n'annoncerons plus d'"incident voyageur" quand quelqu'un se jette sous nos trains, mais bien un suicide, ou une tentative. Nous allons aussi dissuader les gens de choisir le train pour se suicider. Contrairement à une idée reçue, on ne gagne pas à tous les coups en se jetant sous nos trains, il y a 50 % de tentatives ratées et les conséquences sont terribles. » Un franc-parler qui a surtout pour objectif d'éviter qu'à chaque fois, le trafic soit paralysé pendant environ une heure et demie. « Un phénomène très pénalisant. » ■