Au procès des faux électeurs, les Tiberi plaident la calomnie

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Publié le 10 février 2009.

JUSTICE - «Mensonge, mensonge, mensonge», a scandé Xavière Tiberi lundi, lors de son audition devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal de Paris...

Le couple Tiberi était entendu pour la première fois par le juge Albert dans le cadre du procès des faux électeurs du 5e arrondissement, qui se tient jusqu'au 4 mars. L'instruction a conclu que de faux habitants avaient été inscrits sur les listes électorales en échange d'une place en crèche, d'un logement ou d'un emploi, afin de faire élire Jean Tiberi aux municipales de 1995 et aux législatives de 1997.

La femme du maire de l'arrondissement, qualifiée d'«omniprésente» et de «bras droit» de cette fraude par plusieurs prévenus, a réfuté toute implication. «Ce sont des fariboles. J'ai tellement entendu de mensonges que j'en ai des pulsations. On me prête un pouvoir que je n'ai jamais eu, jamais souhaité», a déclaré Xavière Tiberi, avant de lancer qu'elle n'est «le bras droit de personne. Je suis un électron libre. On ne peut pas me donner d'ordres. Je ne veux pas que Jean Tiberi me donne d'ordres.»

Quelques minutes plus tard, elle assurera pourtant être «une subalterne, une militante de base. Je fais ce qu'on me dit. Je suis le maillon faible.» Les prévenus ne sont pas les seuls à mentir, selon elle. «Les mensonges sont proférés par les juges et par les gendarmes», lance Xavière Tiberi. Une rumeur parcourt le public. Certes, elle assistait aux permanences sur les crèches dans le 5e, car cela l'«intéresse». «J'aime beaucoup les petits enfants», se justifie-t-elle. Un domaine qui lui tient à coeur. «J'ai fait en sorte que ce soit l'arrondissement de Paris où il y a le plus de crèches. Il n'y avait même pas de liste d'attente», se vante-t-il à la barre, avant d'assurer ne s'être jamais occupé de l'attribution des places. Car Jean Tiberi plaide surtout sa faible implication dans l'exécution des tâches administratives. «Pourquoi serais-je intervenu? Tout me paraissait normal», expliquera-t-il sur différents sujets. Même position sur la gestion du bureau des élections. «La tournée des bureaux électoraux, monsieur le président? Je la faisais rarement. Ils ont un excellent personnel.» Lorsque l'enquête des gendarmes a commencé, Jean Tiberi s'est «interdit d'intervenir» auprès des employés de la mairie, par respect pour « l'indépendance politique par rapport au judiciaire». ■

Magali Gruet
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