L'onde de choc atteint Boulogne

La condamnation de Bouygues Telecom, mercredi, l'obligeant à démonter une antenne-relais dans le Rhône par principe de précaution pour la santé des riverains, n'est pas passée inaperçue. Les locataires du HLM du 30, rue du Fief, à Boulogne-Billancour...

Alexandre Sulzer

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La condamnation de Bouygues Telecom, mercredi, l'obligeant à démonter une antenne-relais dans le Rhône par principe de précaution pour la santé des riverains, n'est pas passée inaperçue. Les locataires du HLM du 30, rue du Fief, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), envisageaient hier un recours en justice contre les trois opérateurs de téléphonie mobile qui ont installé en 2004 pas moins de neuf antennes-relais sur le toit de l'immeuble... cachés dans des buissons artificiels. Des baux qui rapporteraient 30 000 euros annuels à l'office public HLM (OPHLM) de la ville.

Depuis, sept cancers se sont déclarés, principalement dans les étages supérieurs. Deux personnes en sont mortes. Et tous les locataires se plaignent de troubles auditifs, de vertiges et de maux de tête. « La mairie devait les enlever, elle n'a pas tenu parole », s'emporte Annick Philippe, porte-parole des locataires. De fait, dans un courrier de février 2008, le député (UMP) Pierre-Christophe Baguet - devenu maire entre-temps - assurait qu'il « y a suffisamment de controverses [...] pour appliquer le principe de précaution ». Son adjoint au Logement et président de l'OPHLM, Claude Gallant, assurait, lui, en juin que les antennes seraient retirées au plus tard le 30 novembre, en raison de travaux d'étanchéité. Il indiquait hier à 20 Minutes qu'une première antenne avait été retirée dans la matinée. Un « hasard du calendrier ». A terme, il aimerait que seules trois antennes restent pour « tenir compte des inquiétudes [des habitants]. Mais il faut aussi assurer une bonne couverture téléphone dans la ville. » Et donc négocier avec les opérateurs un redéploiement des antennes dans le quartier. Mais s'il le fait par la voie de la négociation, c'est qu'il n'y a pas d'urgence : « Scientifiquement, il n'y a aucune preuve de la dangerosité. Un rapport de la Ddass indique que les pathologies du 10, rue du Fief sont trop diverses pour que la cause en soit unique. » Contacté, Bouygues n'a souhaité faire aucun commentaire. ■

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