Les parties civiles attendent ce procès depuis douze ans. Ce lundi après-midi, le tribunal correctionnel de Paris a ouvert le lourd dossier de l'affaire des faux électeurs du 5e. En présence du procureur de Paris, preuve de l'importance du procès.
Jean Tiberi, sa femme Xavière et neuf de leurs proches sont accusés d'avoir organisé de fausses inscriptions sur les listes électorales de l'arrondissement pour favoriser leur élection au terme de divers scrutins depuis les années 1990.
Domiciliations frauduleuses chez des amis du RPR, à des adresses inexistantes, ou inscriptions délictueuses en échange d'un travail à la Mairie de Paris, l'enquête révèle que «l'existence d'une fraude électorale dénoncée par les parties civiles et les journalistes [est] confirmée par les investigations, permettant de découvrir l'existence de nombreuses domiciliations fictives d'électeurs». Elles s'élèvent à 800 selon le rapporteur du Conseil constitutionnel; à au moins 2.000 selon le secrétaire général de la mairie du 5e de l'époque, Raymond Nentien; entre 3.000 et 4.000 selon les journalistes du Canard enchaîné, qui ont révélé l'affaire.
Compte tenu des moyens dont les enquêteurs disposent, «le nombre d'électeurs irréguliers n'a pu être évalué avec précision», avouent les juges. Ils ont compilé des dizaines de pages de témoignages, notamment auprès de concierges étonnés de recevoir des cartes électorales de personnes ne résidant pas dans leur immeuble (lire ici). Raymond Nentien a lui-même avoué l'existence de tels stratagèmes. Les juges concluent à «des manoeuvres frauduleuses commises en connaissance de cause par plusieurs personnes à différents niveaux de responsabilité, qui partageaient et la conscience de l'illégalité des agissements perpétrés, et un même objectif: l'élection de Jean Tiberi et de son équipe.» Fin du procès le 4 mars. ■