Ils en avaient assez que leur affaire croupisse dans les tiroirs du parquet de Paris. Le 12 février 2008, les juges d'instruction Baudoin Thouvenot et Jean-Louis Périès décident de signer l'ordonnance de renvoi des onze prévenus devant le tribunal correctionnel. Sans attendre que le parquet émette ses réquisitions, comme c'est l'usage. Ils en ont le droit, mais marquent clairement leur mécontentement face au procureur, qui avait bouclé le dossier depuis plusieurs semaines sans prendre la moindre décision. Le magistrat expliquera qu'il ne souhaitait pas verser le réquisitoire définitif de ce dossier à moins d'un mois des élections municipales auxquelles Jean Tiberi se présentait à nouveau, évoquant une «tradition républicaine». Le maire du 5e déclarera alors que «les magistrats ont agi de manière stupéfiante, en pleine campagne électorale, c'est sans précédent». Il est alors donné perdant dans les sondages face à Lyne Cohen-Solal, la candidate socialiste dans le 5e. Il remportera finalement sa mairie sur le fil, avec 227 voix de plus que sa rivale au second tour, le 16 mars suivant. ■ M. G.