Journée de grève tranquille à Paris, un peu moins en banlieue

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Publié le 30 janvier 2009.

« Trafic quasi normal sur les lignes de métro, trafic nul sur le RER B. » La grève des transports a finalement été moins suivie que prévu hier matin à Paris : 75 % des métros, 85 % des bus et la plupart des tramways circulaient. Pour Marcella, sur la ligne 6, le temps d'attente était « exactement le même que d'habitude ». Christine, elle, s'étonnait de « voir plein de bus vides circuler dans Paris ». « On ne sent même pas la grève », confirmait Radwan, tout sourire.

Beaucoup s'étaient organisés pour poser un jour de congé. D'autres ont préféré modifier leurs habitudes. Gil, courageux, avait chaussé ses rollers et son casque pour arriver hier matin à Montrouge (92). Autre star du système D les jours de grève, le Vélib'. JCDecaux annonçait 19 556 locations hier à 10 h, soit 2,5 fois plus que le jeudi précédent. Pas évident, donc, de trouver les précieux deux-roues, les stations se retrouvant en général à sec dès l'aube. Gilles comptait quand même sur cette option pour la fin de journée. « Je vais essayer de rentrer avec un Vélib'. Le problème, c'est qu'il n'en reste jamais les jours de grève ! »

Pour beaucoup, le plus dur n'était pas de circuler dans la capitale, mais de la rejoindre. Selon la CGT, 97 % des conducteurs de RER étaient en grève, contre 48 % seulement pour le métro. Certains usagers, venus des banlieues franciliennes, ont connu quelques galères pour arriver au bureau. Fazia, depuis trois heures dans les transports, a dû laisser passer trois trains avant de pouvoir rejoindre Paris. Paulin, habitant à Enghien-les-Bains (Val-d'Oise) n'a, lui, tout simplement jamais rejoint son travail. « J'ai attendu un train deux heures, mais il était impossible de rentrer dans un wagon en raison de l'affluence. Alors j'ai appelé mon patron pour lui dire que je ne pourrais pas venir. » A la station Les Halles, étrangement déserte, Yvette semblait plus blasée qu'énervée. « J'ai mis deux fois plus de temps que d'habitude pour aller au boulot, mais franchement, je suis habituée. » Claude va plus loin : « Hier, avec les pannes sur le RER A, c'était vraiment le bordel. Aujourd'hui, ça marche mieux parce qu'on était prévenu. Beaucoup de gens ont pris une RTT ou leur voiture. » Si les usagers du RER et du Transilien ont souvent dû patienter, ils sont généralement restés « zen », comme Nicolas, un cadre qui ne jugeait « pas catastrophique » d'arriver en retard. Christophe positivait même sur son attente à Auber. « Ça me permet d'avancer mon livre... » ■

Oihana Gabriel
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