TRANSPORTS - Le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, président du groupe UMP à la région Ile-de-France, réagit lui aussi à l'incident de ce matin...
Comment analysez-vous le nouvel incident sur le RER A ce matin ?
Malheureusement, comment être véritablement surpris? Des incidents de ce genre il y en a tous les jours, sauf que là on touche au réseau central, et cela démultiplie les conséquences. L’ensemble des réseaux d’Ile-de-France, et celui de la RATP n’est pas le pire, souffrent depuis quinze ans d’un déficit d’investissement et frôlent la saturation. La région Ile-de-France comme Bertrand Delanoë ne votent plus de crédits pour les routes, et poussent les Franciliens vers les transports publics sans améliorer l’offre. Résultat : en dix ans le trafic a augmenté de 30%, et sur le RER A par exemple, on fait désormais rouler 24 trains à l’heure, contre 18 il y a 5 ans. Pas étonnant que le matériel se dégrade.
C’est donc de la faute à la région ?
Il faut arrêter le conflit entre l’Etat, la région, le Stif. Depuis quinze ans les ministres des Transports, de droite comme de gauche, ont pensé que c’était plus urgent de faire du TGV que d’investir dans le réseau francilien (avec 3 millions de voyageurs par jour en Ile-de-France, la SNCF y fait rouler 60% de ses trains, NDLR). Aujourd’hui tout le monde est d’accord sur ce qu’il faut faire, notamment sur les rocades de banlieue à banlieue, mais au moment de faire le choix définitif du tracé, ce n’est plus la même histoire !
Que proposez-vous pour accélérer les améliorations ?
Si un plan pour les transports à dix ans est nécessaire, je crois qu’il faut aussi un plan d’urgence à deux ans pour revoir toutes les installations. Pour cela il est urgent que tout le monde se mette autour de la table, dans les prochains jours.
Recueilli par Mickaël Bosredon