En Seine-Saint-Denis, L'Emir n'a pas de pétrole mais des outils

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Publié le 26 janvier 2009.

Au collège Pierre-Brossolette de Bondy (Seine-Saint-Denis), les couloirs, le gymnase et la salle de loisirs étaient plongés dans le noir depuis des mois. L'unique ouvrier professionnel de l'établissement, débordé par l'ampleur des tâches, n'avait même pas trouvé le temps de dégoter un escabeau pour changer les néons.

« Le jour où nous avons remis la lumière dans les couloirs, les élèves nous ont applaudis », raconte Yacine Khemissi, chef des « quatorze bonhommes » qui constituent la nouvelle Equipe mobile d'intervention rapide (Emir).

Ce dispositif, lancé au 1er novembre par le conseil général de Seine-Saint-Denis, vise à réparer les pannes quotidiennes des 120 établissements du département. Avec un budget de fonctionnement de 250 000 euros pour 2009. « Je me suis aperçu que les demandes de travaux d'entretien des collèges se perdaient dans les services, ce qui les désespérait. Avec les équipes mobiles, le climat sera plus serein », explique Claude Bartolone, président (PS) de la Seine-Saint-Denis. Une fois l'appel traité, une équipe intervient dans l'heure qui suit. Les principaux tracas ? Pannes électriques, plomberie défectueuse et portes détériorées. « Récemment, on nous a sollicités pour un tableau électrique qui avait brûlé dans un collège de Drancy », note Yacine Khemissi.

Quand elle ne travaille pas dans l'urgence, l'Emir programme des travaux de plus longue durée dans les collèges les plus dégradés. Celui de Bondy figurait parmi les priorités. « Il y a du boulot ! s'exclame Daniel Ollivier, gestionnaire de l'établissement, soulagé de voir des ouvriers s'activer. « Le problème, c'est que l'ouvrier professionnel ne sait plus où donner de la tête. Et quand il est malade, c'est moi qui prends la caisse à clous. Alors là, j'en profite. » Des bouches d'aération au sol usé par le temps, tout est à refaire. Par exemple dans la salle de dessin d'Olga Miller : l'enseignante, arrivée en 1985, ne se rend même plus compte des dégradations. « Pour l'an 2000, je me suis battue pour qu'on lessive les murs, je ne voulais pas repartir avec la crasse d'un autre siècle. Depuis, rien n'a été fait ». Pourtant, la porte de la classe est sur le point de tomber. « Plus le matériel est fragilisé, et plus les élèves se défoulent dessus, poursuit Olga Miller. C'est évident qu'ils se sentiront mieux quand ce sera refait ». Mais il faudra sûrement du temps. Sous un préau où une lampe vient d'être cassée, des élèves piaffent. « C'est pas nous, ça, Madame... » ■

Carole Bianchi
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