Une décision difficile à assumer en temps de crise. Hier François Dagnaud adjoint (PS) chargé du Conseil de Paris s'est senti obligé de se justifier sur l'augmentation d'indemnité de certains élus qui doit être votée, ce matin, en séance dans le budget 2009. En pleine incertitude sur ses revenus pour l'année prochaine, la Ville promettait pourtant un budget serré et des dépenses de fonctionnement optimisées. Mais la décision d'augmenter de 12 % les maires d'arrondissement et les adjoints du maire de Paris, et de 16 % les adjoints aux maires d'arrondissement avait été prise en juin, et il était difficile pour la Ville de faire marche arrière.
« En juin, ça semblait normal à tout le monde, opposition comprise. Mais c'est sûr que si on avait dû prendre la décision aujourd'hui, avec ce qui s'est passé ces derniers mois, l'augmentation n'aurait pas été la même », admet François Dagnaud. Il fait valoir que les indemnités des conseillers de Paris n'ont pas bougé, et que celle du maire reste stable. « J'ai demandé expressément à ne pas être augmenté », assure Bertrand Delanoë. « Nous nous sommes concentrés à réajuster les revenus les plus bas. Ces élus ont des rémunérations modestes au regard des responsabilités et de la charge de travail que leur poste impose. Il y en a marre de jeter les élus en pâture, on les présente comme de sinistres profiteurs. Ils ont plutôt l'impression d'avoir une vie de chien : quand on n'est plus élu après un échec, on se retrouve sans rien, ni indemnité ni chômage », assène-t-il. Reste que nombre d'élus cumulent leur mandat avec une activité professionnelle, mais la Ville n'est pas en mesure de savoir dans quelle proportion.