Les cris et les pleurs des familles de victimes ont longuement résonné dans le tribunal de Créteil. Des peines allant de quatre à huit ans de prison ferme ont été requises hier à l'encontre des trois jeunes filles jugées à huis clos devant la cour d'assises des mineurs du Val-de-Marne pour avoir provoqué en 2005 un incendie dans une tour de L'Haÿ-les-Roses, où dix-huit habitants avaient trouvé la mort.
« Qu'est-ce que ça veut dire ?, s'est indignée Josette Fils qui a perdu sa soeur et son beau-frère. Parce qu'on est mineur, on a le droit de mettre le feu et de tuer des familles entières ? » Puis une autre partie civile, en larmes, s'est mise à hurler : « M. Sarkozy, vous nous aviez promis qu'elles seraient condamnées. J'ai cru en la justice. Ce n'est pas possible qu'elles prennent si peu ! »
La plus lourde peine, entre six et huit ans d'emprisonnement, a été requise à l'encontre de Sabrina, majeure au moment des faits, qui « semble encore à la dérive aujourd'hui », selon Christian Legrand, avocat de parties civiles. Cinq ans ont été demandés pour l'adolescente accusée d'avoir mis le feu à la boîte aux lettres d'une copine avec qui elles avaient eu un différend. Et cinq ans, dont un avec sursis et une mise à l'épreuve, pour la troisième jeune fille qui affirme avoir fait le guet dans le hall. « C'est très sévère dans le ton et dans le fond », a relevé Françoise Cotta, l'avocate de Sabrina. Me Christian Legrand a jugé ce réquisitoire « très modéré ». « L'avocate générale a expliqué que les conséquences de cet incendie devaient servir de leçon. Mais les peines doivent aussi être exemplaires. » Le verdict est attendu aujourd'hui.