L'ordre des médecins tire la sonnette d'alarme. Une Francilienne d'une quarantaine d'années vient de porter plainte contre des médecins « esthétiques », exerçant dans un même cabinet à Paris. La patiente voulait s'offrir un lifting, sans opération chirurgicale, et elle a été victime d'une infection : « On lui a posé des fils résorbables », confie une source proche du dossier, « elle a vu quatre médecins et dépensé entre 7 000 et 8 000 euros pour être défigurée ».
Son cas n'est pas isolé. Irène Kahn, présidente du conseil de l'ordre des médecins de Paris, dénonce ce genre de pratique : « La médecine esthétique est une dénomination fourre-tout ! Une dizaine des 23 000 médecins parisiens la pratique sans en avoir la compétence. Ils ont été formés par des laboratoires qui font de la retape en promettant monts et merveilles. »
Seuls les détenteurs d'un diplôme universitaire spécifique sont reconnus par l'Ordre. Les autres ne sont pas pour autant dans l'illégalité, car la réglementation reste floue : « Rien n'interdit, sur le plan légal, d'utiliser des traitements antirides comme la dermabrasion ou l'injection d'acide hyaluronique », explique Odile Paoletti, avocate. Si ces médecins « désinformateurs » risquent un blâme, voire une interdiction d'exercer, il reste « difficile » de les poursuivre. Toujours est-il qu'en 2007, quatorze praticiens franciliens ont été radiés. « Les médecins n'ont pas d'obligation de résultat, mais une obligation de moyens », précise Odile Paoletti. Parfois, les plaintes disparaissent : « Les médecins paient pour que la patiente se taise », regrette Irène Kahn.