Il reconnaît avoir endossé le costume de « pompier de service ». Bernard Faivre d'Arcier, ancien directeur du festival d'Avignon, a été appelé vendredi dernier à la rescousse par le ministère de la Culture pour calmer le jeu entre la Comédie-Française et la MC 93 de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Et rapprocher les deux institutions « sans mordre pour autant sur leur indépendance ».
« Tout est parti d'un effet d'annonce un peu confus, d'un projet prématuré qui n'a pas été bien préparé », explique-t-il. Désireuse de trouver une salle complémentaire, la Comédie-Française lorgnait Bobigny depuis plusieurs mois. En catimini. La MC 93 l'apprend lorsque Christine Albanel, ministre de la Culture, annonce, le 6 octobre, une « union » entre les deux institutions. La nouvelle déclenche l'incompréhension et la colère. « Il s'agissait clairement de prendre contrôle de la MC 93 », commente Patrick Sommier, le directeur du théâtre de banlieue. Pointée du doigt comme étant à l'origine de cette « OPA hostile », Muriel Mayette, administratrice générale de la Comédie-Française, n'entend pas abandonner l'idée d'un projet commun : « Il y a eu des déclarations dont je ne suis pas responsable. Il faut nous laisser du temps, je crois que ça vaut le coup. »
Bernard Faivre d'Arcier, qui veut croire que « la situation est apaisée », a commencé à se pencher sur l'étude financière, « qui n'a pas été faite avant ». Patrick Sommier, lui, ironise : « On a un Shakespeare magnifique le 7 novembre avec un sociétaire de la Comédie-Française à l'affiche. » Un symbole.