Son petit nom, c'est «104» ou Centquatre, c'est selon. Le fleuron de la politique culturelle de Bertrand Delanoë, maire (PS) de Paris, ouvre samedi après deux ans de travaux et - ça ne s'invente pas - 104 millions d'euros investis. Il s'agit là d'un « passage ouvert » sur l'art contemporain, de 11h à 23h, entre le 104, rue d'Aubervilliers et le 5, rue Curial (19e).
«Quête du beau»
«C'est un chemin, une rencontre pour partager la quête du beau. Nous avons voulu que le "104" existe déjà dans l'appétit de culture et la vie de l'esprit. Je ne sais pas trop ce que sera la mondialisation. La mondialisation dont je rêve parce que je suis un idéaliste, c'est celle des être humains, des frontières abolies», a déclaré le maire de Paris lors de l’inauguration, à 11h.
Si le nombre éveille des souvenirs, «c'est que c'était le siège des pompes funèbres municipales», explique Frédéric Fisbach, codirecteur du 104. En 1995, Roger Madec, maire du 19e, hérite d'«un vaisseau fantôme» et refuse la création de logements, pour protéger l'architecture. «Plus encore que la Villette, ça deviendra un lieu magique», espère-t-il.
Ovni
La vocation du 104? Accueillir en résidence toutes les pratiques artistiques, soit une douzaine d'artistes simultanément. Sa principale particularité? «Proposer pour 3 euros ou 5 euros, dix-huit ateliers ouverts sur le travail des artistes», précise Robert Cantarella, second codirecteur.
Le 104 fait toutefois figure d'ovni dans un quartier qui compte quelque 60% de logements sociaux. La volonté de forcer le destin du Grand Paris est affichée: «J'y pense tout le temps», reconnaît Christophe Girard, adjoint au maire de Paris, chargé de la Culture. «L'idée, c'est de faire rayonner ce centre au-delà du périphérique. C'est une reconquête politique, sociale et économique.» Selon lui, c'est sûr, «ça va faire bouger le quartier!»