La solidarité urbaine s'organise face à l'Etat

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Publié le 30 septembre 2008.

L'Association des maires d'Ile-de-France (Amif) met la pression sur le gouvernement. Hier, près de 70 élus se sont réunis à Paris pour dénoncer le projet de réforme de la dotation de solidarité urbaine (DSU). Et ont demandé « un rendez-vous d'urgence au Premier ministre », François Fillon (UMP). Cette enveloppe budgétaire, qui permet d'améliorer les conditions de vie des grandes villes ayant une zone urbaine sensible (ZUS), doit disparaître d'ici à deux ans des budgets de 80 communes de la région, de droite comme de gauche. L'objectif du gouvernement : « Concentrer davantage la solidarité nationale en faveur des "communes pauvres ayant des pauvres". » « Cela revient à prendre aux pauvres pour donner aux plus pauvres », a critiqué Laurent Cathala maire socialiste de Créteil (Val-de-Marne).

A l'heure où les municipalités élaborent leur budget 2009, les élus souhaitent « différer la mesure ». Un projet jugé « brutal, incohérent et contradictoire avec le discours de l'Etat incitant à créer du logement social », a indiqué Claude Pernès, maire (Nouveau Centre) de Rosny-sous-Bois (93) et président de l'Amif. « La DSU nous sert, par exemple, à payer l'activité de deux centres sociaux et culturels. Si on ne sacrife pas d'autres domaines, on serait forcé d'augmenter de 10 points l'imposition locale », alerte Yasmine Boudjenah, première adjointe (PC) déléguée aux finances à Bagneux (92), qui bénéficie de 2 millions d'euros de DSU chaque année.

Carole Bianchi - ©2008 20 minutes
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