Bousculades, énervement et retards en perspective aujourd'hui pour les usagers du RER B. Toute la ligne sera touchée puisque deux syndicats de la RATP se joignent pour vingt-quatre heures au mouvement de grève initié par leurs collègues de la SNCF. Hier, il a été observé par 90 % des cheminots sur le réseau nord.
« C'est la première grève que j'ai dans les pattes », s'est énervé hier, lors d'un point presse, le tout nouveau directeur des Transiliens, Jean-Pierre Farandou. « Je ne comprends pas l'ampleur de la mobilisation, j'ai le sentiment d'avoir agi dans la concertation. » Pour améliorer la régularité du RER B de 20 %, il entend mettre fin au changement de conducteurs en gare du Nord début 2009. Une expérimentation est en cours sur quatre trains par jour. Aujourd'hui, les agents de la SNCF ne circulent qu'au nord de la gare du Nord et ceux de la RATP au sud. Le passage de relais fait perdre de précieuses minutes aux usagers. « Avec la réforme en cours, l'amplitude horaire des cheminots n'est pas changée [cinq heures et cinquante minutes quotidiennes de travail en moyenne] et ils recevront une prime annuelle de 1 000 euros. Ils n'ont aucune raison d'être mécontents », explique Jean-Pierre Farandou. « Faux, répond un délégué FO, nous nous inquiétons de la formation insuffisante de dix jours, qui pose des problèmes de sécurité. » Hier à 16 h 20, en gare du Nord, Stéphanie, une habitante d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ne pouvait déjà plus monter dans une rame bondée : « Ça me saoule, je vais encore devoir rentrer en bus. »