André Le Nôtre, le célèbre jardinier de Louis XIV, va-t-il voir son oeuvre partiellement amputée ? La cour d’appel de Paris doit en effet trancher aujourd’hui un litige sur le droit d’auteur concernant les jardins qu’il a créés au château de Vaux-le-Vicomte (77). L’affaire débute fin 1996, quant Mauboussin, prestigieuse enseigne de la place Vendôme, fait paraître une page de publicité dans le Figaro magazine. L’agence de communication mandatée pour vanter les mérites du célèbre joaillier choisit la photo d’une danseuse sculptée dans le buis. Un cliché réalisé dans les jardins de Vaux-le-Vicomte. Tombant sur la publicité, Nadine Roubakine, petite-fille d’Achille Duchêne, paysagiste du début du XXe siècle, y voit une violation du droit d’auteur, dont elle est l’héritière. Pourtant, Duchêne n’est pas Le Nôtre. Sauf que jusqu’en 1923, il a travaillé à la restauration des jardins de Vaux-le-Vicomte et aurait créé à cette occasion plusieurs sculptures de buis, dont la danseuse. En mai 2002, le tribunal de Paris reconnaissait en première instance la paternité de cette sculpture à Duchêne. Son héritière n’ayant pas été consultée par l’agence de publicité, il lui accorde 5 000 e de dommages et intérêts. L’agence fait appel de la décision, ainsi que Patrice de Vogüè, actuel propriétaire du château. « Je suis entré dans ce procès pour savoir quels sont les droits des uns et les possibilités d’usage des autres », explique-t-il. Pour lui, Duchêne a certes fait « un boulot épatant », mais dans un esprit de restauration, pas de création. « Alors, je veux juste savoir si, à chaque photo prise, je dois verser 20 e à ses héritiers. » Grégory Magne

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