Pour Jean-Yves Heyer, Reims est indéniablement le 21e arrondissement de Paris. Le TGV-Est, sa ligne de métro préférée. Son métier ? Aller convaincre les PDG parisiens de « poursuivre le développement de leur société » à quarante-cinq minutes en train de la capitale. « En moyenne, un salarié parisien coûte 10 000 euros de plus par an à son entreprise qu'un Rémois, en charges, transports... », assure le directeur de l'association Reims champagne développement. Samedi, il a invité une cinquantaine de patrons parisiens à découvrir la région pour leur montrer qu'il « est possible d'y faire du business ».
Il y a quatre ans, la ville de Reims, l'agglomération et la chambre de commerce et d'industrie ont lancé cette structure dans le but de rentabiliser leur investissement de 50 millions d'euros dans le TGV-Est, mis en service en juin 2007. Aujourd'hui, Jean-Yves Heyer revendique quelque 2 500 emplois créés, la plupart grâce à des entreprises parisiennes. « Il y a une grosse part de préjugés à faire tomber. Certains me demandent s'il y a le téléphone à Reims », s'amuse le directeur. Avant de préciser : « Il ne s'agit en aucun cas de transfert d'activités. Mais de nouvelles implantations qui permettent une économie de coûts de 5 % à 10 % ».
Pour la société des Taxis G7 implantée à Clichy (Hauts-de-Seine), le compte y est. Selon une étude, la productivité de ses nouveaux salariés rémois a augmenté de 10 % entre juin 2007 et juin 2008. Le turnover et l'absentéisme ont respectivement chuté de 15 % et 4 %. « Nous voulions une qualité d'accueil équivalente à celle du centre de réservation de Clichy, résume Serge Metz, PDG de Taxi G7, qui n'envisageait pas pour autant de s'installer à l'étranger. Le TGV nous permet des voyages hebdomadaires entre Paris et Reims pour des séminaires et des formations. C'est comme si nous allions d'un bout à l'autre de Paris. »